Mairie de Sainte-Fauste
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La petite Bonne Dame d'Ablenay

L’abbé Joseph RABIER (1880-1962) fut le dernier curé de SAINTE-FAUSTE, où il repose aujourd’hui. Il devient ensuite curé de PRUNIERS, où il restera jusqu’à sa retraite, en 1957. Jean LIMOUSIN, qui l’a bien connu, dit de lui que « c’était un prête érudit, grand chercheur sur le terrain et dans les archives ».Il découvrit plusieurs vestiges gallo romains et laissa des notes sur l’histoire locale remontant au moyen âge, sur les Paroisses de la région pendant la révolution, etc.C’était un Saint Prêtre, ayant une dévotion particulière pour la Vierge Marie. Curé de SAINTE-FAUSTE, il visitait à pied chaque foyer de sa Paroisse, s’intéressait à l’histoire locale et plus particulièrement à son histoire religieuse. Sa dévotion mariale fut intéressée par la piété locale à la Petite Bonne Dame d’Ablenay.En 1934, l’Abbé RABIER relatait dans une revue mariale, l’histoire de cette dévotion ancienne sur la Paroisse de SAINTE-FAUSTE, dans les bois dépendant de la grande propriété de DIORS.C’est de cet article que nous extrayons l’essentiel de l’histoire de la Petite Bonne Dame, dont une partie se réfère à la traduction orale, transmise par les familles d’Ablenay.

«  Le village d’Ablenay : « BLENET », selon l’usage ancien, s’honore d’un culte particulier pour « la Petite Bonne Dame ».Nul sous peine d’erreur, n’oserait en fixer l’origine : on la suppose contemporaine de ses voisines Notre Dame du Chêne en forêt de CHÂTEAUROUX, et la Sainte Image dans la réserve de BOMMIERS.Ici, à l’orée des bois de DIORS sur l’ancien chemin de NEUVY-PAILLOUX à ARDENTES, une âme pieuse avait remarqué un gros chêne trapu. Sa ramure était belle, large et si basse qu’au rapport des familles, on la touchait du doigt. La main pieuse y plaça à hauteur une statue de la Sainte Vierge.Chaque jour, sur le vieux chemin passaient les bûcherons allant au travail, ou, aussi, un train de mules transportant le minerai de fer, des puits de l’Age, vers les forges d’ARDENTES.Le temps s’écoulait…. Vint la tourmente révolutionnaire.Une tradition ancestrale nous dit qu’alors un Maître de la régie de DIORS, cédant aux idées du jour, sacrifia la Vierge et son oratoire rustique. Cette année 1793, la coupe passait en ces parages et le chêne fut marqué pour la mort. Plusieurs jours, cependant, s’écoulèrent. Aucun bûcheron à pied d’œuvre, n’osait frapper l’arbre sacré. Un ouvrier faisant l’esprit fort devant ses compagnons, de sa hache, fit le geste et le chêne tomba.Dans toutes les vieilles familles d’ABLENAY, se transmis fidèlement le souvenir, selon lequel, le coupable quitta la forêt le soir même, pour ne plus y revenir. Deux jours après son méfait, il mourait dans les atroces souffrances des « coliques du miséréré ».Vers 1817, la famille LUCQ, rachetait la grande propriété de Diors.Un jour, Charles Henri LUCQ, passant dans les bois du côté d’ABLENAY, entendit parler de l’événement de 1793. Il décida alors d’élever un oratoire, sur les lieux où des générations durant avaient prié MARIE, leur Petite Bonne Dame.L’inscription gravée sur le côté gauche de l’oratoire, rappelle qu’Alice Marie LUCQ, âgée de 7 ans, en frappait la première pierre en 1850.« BLENET » reprenait sa tradition mariale et pria désormais sa Petite Bonne Dame retrouvée, l’entoura de ses soins et de fleurs toujours fraîches.Pendant la guerre 1914-1918, les familles venaient y confier un fils, un époux, un frère combattant ou prisonnier. Tous les jours des cierges brasillaient à ses pieds.Au retour de la Paix, le 15 Août 1919, un premier pèlerinage eut lieu devant l’oratoire. » 

Depuis 1919, chaque année le 15 Août un pèlerinage y rassemble des fidèles.

Le 15 Août 1995, la messe d’Assomption y fut célébrée au cœur d’une assistance d’une cinquantaine de fidèles, issus des familles du voisinage ou simplement attirés par cette dévotion simple et rustique à leur Petite Bonne Dame, au cœur de l’été.Comment oublier, parmi ces fidèles, Madame MOULIN, paralysée après un accident qui renouvelait avec amour, le décor autour de la statue. Après sa mort, ses proches ont pris le relais, pour entretenir et fleurir les abords, aux approches du 15 Août.Comment oublier, ce vieux militaire, revenu de ses campagnes lointaines, qui revenait fidèlement prier et photographier chaque année la Madone de son enfance.Que de prières ont monté vers le Ciel, de ce lieu privilégié depuis des siècles, dans le silence et le mystère de la forêt !De générations en générations, on vient y prier« Penchée au bord des âmes, dont tu sais les secret »Accueille la prière de tes enfants fidèles, simples et aimants,Chère Petite Bonne Dame. 

Peut-être était-il plus facile, aussi pour certains, d’aller prier dans la discrétion, la simplicité et la solitude de la forêt que de se rendre à l’église à la vue de tous, et où l’on n’osait peut-être pas entrer ?